Publié le mardi 13 janvier 2009

Réplique au vice-président du PQ-Mercier

13 01 2009

La lutte pour l’indépendance du Québec n’est le monopole d’aucun parti !

mardi 13 janvier 2009, par Bernard Rioux

Le vice-président du PQ-Mercier, Marc Desnoyers, affirme dans Le Devoir du 6 janvier dernier que l’élection d’Amir Khadir « constitue un recul pour la cause de l’indépendance québécoise », que Québec solidaire n’est pas véritablement souverainiste. Il soutient surtout qu’il ne faut pas lier le projet d’indépendance à un projet social. Bref, pour lui, la cause est entendue. Pour les souverainistes, hors du PQ, point de salut.

Marc Desnoyers affirme que le PQ met l’indépendance au-dessus de tout et particulièrement au-dessus des revendications à caractère social. Ce n’est pas ce que nous démontre l’histoire du PQ. En 1978, à l’Assemblée nationale, le PQ a proclamé le caractère indissociable de la souveraineté et de l’association du Québec avec l’État canadien. En 1980, il a fait un référendum sur la négociation d’une nouvelle entente avec le Canada en attendant un deuxième référendum. Pierre Bourgault, à ce moment-là, a regretté amèrement d’avoir sabordé le Rassemblement pour l’indépendance nationale. En 1982, Le PQ prenait le tournant du beau risque, s’activant dans la réforme du fédéralisme canadien qui n’a d’ailleurs débouché que sur un nouvel affront du fédéral face au Québec. Après la défaite de 1995, la direction péquiste de Bouchard puis de Landry a remis la perspective référendaire à des lendemains indéfinis alors que les gouvernements péquistes faisaient de la gestion néolibérale le nec plus ultra du modernisme.

Pour ce qui est de ne pas placer les revendications sociales dans ses priorités le PQ en a fait une marque de commerce. On n’oubliera pas son offensive contre les syndicats du secteur public en 82, ses lois spéciales à répétition contre les travailleuses de ce secteur, particulièrement contre les infirmières, son obsession du déficit zéro reprenant à son compte le discours démagogique de la droite Américaine à cet égard, son soutien au libre-échange, particulièrement à l’ALENA et à celui de la ZLÉA qui étaient des portes ouvertes à la spoliation des peuples d’Amérique latine comme la suite des choses allait malheureusement le démontrer. Que les pressions des mouvements sociaux mobilisés aient obligé le PQ à faire des concessions, on peut le reconnaître. Mais avec le temps, il s’est montré de plus en plus imperméable à ces pressions. Il ne s’est pas rendu aux revendications de la Marche du pain et des roses. Il est maintenant décidé à démontrer son ouverture face à la privatisation de la santé. Il soutient désormais le financement public de l’école privée. Il est maintenant prêt à permettre le dégel des frais de scolarité. Et il parle encore de la volonté de se recentrer… à droite. Durant la dernière campagne électorale, Pauline Marois a même fait preuve d’une ouverture surprenante à l’égard de l’ADQ.

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